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Une critique musicale ? Par des lycéens ?

9 décembre 2018

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Une critique musicale ? Par des lycéens ?

Pour le prix Charles Cros Lycéen de cette année 2018, certains élèves ont participé à la rédaction d’une critique musicale dans le cadre de la Chronique Lycéenne.

La Chronique Lycéenne est un projet au cours duquel les élèves sont sollicités afin de produire une chronique, une critique sur une ou plusieurs chansons au choix, qui elles sont pré-sélectionnées. Réunies sur un CD qui leur est ditribué, elles sont bien évidemment francophones et provenant généralement d’artistes cherchant à se faire connaître.

Les chroniques sont ensuite envoyées aux organisateurs et la meilleure est publiée dans Télérama, ce qui lui permet d’être vue du public mais aussi et surtout de l’artiste.

Enfin, les lycéens votent en fin d’année scolaire pour la chanson qu’ils estiment être la plus méritante et le prix Charles Cros est décerné à 3 artistes. L’année suivante, le même processus se renouvelle ; d’autres artistes et d’autres lycéens peuvent tenter leur chance.

C’est une belle occasion pour les élèves de participer à ce projet puisqu’ils ont l’occasion de se confronter au monde musical, ce qui n’est pas forcément dans leur habitude. Découvrir un autre style de musique, argumenter son opinion sous cette forme et partager sa création font parti de ce travail, ce qui en fait tout son attrait ; c’est une expérience plaisante, ludique et instructive à laquelle se sont livrés ces quelques élèves qui nous proposent les critiques ci-jointes :

« Pétillante douceur
Dans cette comptine, l’artiste nous raconte une vérité amusante et connue de tous: l’amour rend bête. « Il m’plait pas » est un titre farfelu, burlesque et cocasse, sorti dans l’album Milles bouches en 2017. Tout en simplicité sans être simplet ce morceau touche par sa sensibilité. Avec sa voix rauque, légèrement éraillée, elle nous raconte une histoire d’amour plutôt crue mais tellement vraie. Accompagné par une guitare acoustique, presque inexistante, son charisme fait de ce morceau une réelle prestation théâtrale. Elle manie aussi bien les mots que l’humour dans sa chanson où rires et larmes s’entremêlent.
Marie De Martino et Clément De Souza Machado, 1ère ST2S 9. »

« Je trace.
Aujourd’hui ou demain, à pied ou sur les mains, dans le vide ou sur un fil, Je trace. Je trace ma route avec poésie, je trace mes boucles avec flânerie, je trace effréné où ? abandonné vers un prochain couplet. Couplet… ou prose. Imprégné de surréalisme, Larossi livre autant sa chanson que son poème ; de ses lignes suintent des calembours, des jeux sur les sonorités, un peu d’automatisme aussi. « À l’abri des sans abris », « croiser des regards sans silence et des pupilles sans fond, des pupilles au fond noir(es) et creusé(es) ». À croire que la poésie ne se trouve pas uniquement dans les manuels de français. Nicolas Larossi, le slameur au violoncelle, déclame son texte, saturé d’images indisciplinées ou parfois même absurdes, invitant alors son public à combler les vides de ce texte qu’il met en suspension : « Briser les espaces. Couper la terre en deux. Se relever. Partir en cadence ». Une manière de créer en groupe, de partager son œuvre, d’en faire une pré-texte. Il pense, il slame, il suggère.

Il suggère, dans ce morceau Je trace, un Homme qui n’est pas, un Homme qui observe, un Homme qui défile. Ou peut-être même attend. Des semaines, un jour, des mois ; le temps n’est plus une mesure. La mesure se fait aux claviers, à la batterie, au violoncelle. La mesure, c’est ce trio français qui la bat. Et avec adresse : on voyage avec le groupe.

Voguant au gré des instruments, le texte hurle et crie un murmure strident : Le cri des Fourmis. C’est le titre de leur nouvel album sorti en 2017 dans lequel s’inscrit cette chanson, qui mérite d’être entendue. Déjà favoris pour le prix Charles Cros des lycéens en 2013 avec leur album Renverser, les 3 compositeurs de Iaross revenaient après trois années de voyages et un métissage atypique de styles bien différents (entre rock, jazz et slam) avec un autre cœur, un autre esprit, plus enclins à chanter la vie.

Leurs productions se sont toujours construites autour du texte et Je trace en est un magnifique exemple. L’instrumental amène les paroles, les accompagne avec souplesse mais c’est le texte qui mène la danse. Même la voix, maîtresse et tendre du slameur est à son service. Une voix qui apaise les maux d’une main ferme. Une voix qui nous berce de mots durs.

Le morceau est pour nous une réussite, le clavier pouvant être surprenant mais s’accouplant avec délice aux autres cordes. Iaross, ce groupe de trois musiciens, nous offre de nouveaux horizons.

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