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Alice au pays des merveilles : une réalité?

9 avril 2019

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Alice au pays des merveilles : une réalité?

Le fameux personnage de Lewis Carrol a fait partie de l’enfance de tous, que ce soit le conte en lui même ou le dessin animé coloré de Disney. Une jeune fille, Alice Liddel, est témoin de changements surnaturels de sa personne: des symptômes tous plus farfelus les uns que les autres, et part vers des aventures extraordinaires dans un monde merveilleux sans égal. Si on vous disait que c’était possible de vivre ce qu’a vécu la fillette, le croiriez-vous? En effet: c’est un syndrome réel, mais vivre ce cauchemar au quotidien est bien plus terrifiant que de le voir sur le grabd écran.

Étrangement, ce syndrome se trouve principalement chez les enfants: et ce n’est pas uniquement grâce à leur imagination. La plupart des victimes perdent la distorsion avec l’âge, mais il reste quand même une infime chance de le garder jusqu’à l’âge adulte. C’est aussi une expérience commune lors du début du sommeil, comme une paralysie du sommeil, souvent une conséquence du manque de repos.

Connu aussi sous le nom du Todd Syndrome, il a été découvert par le psychiatre britannique Dr.John Todd lors des années 1950. Il avait observé ces symptômes chez des patients qui vivaient des hallucinations pendant des migraines puissantes, alors qu’aucun d’entre eux n’avait de désordres mentaux, ni de problèmes de vue, qui auraient pu jouer sur ces visions cauchemardesques. On pourrait noter d’ailleurs que Lewis Caroll était sujet à de nombreuses migraines, et la question mérite d’être posée: était-il atteint de ce syndrome? Tous étaient lucides et capables de différencier le rêve du vrai, il aurait pu vivre ses hallucinations et les retranscrire sur papier et plume, comme une sorte de cure thérapeutique.

Le syndrome d’Alice au pays des merveilles est une condition rare qui déclenche des épisodes de perception déformée et de désorientation. L’atteinte se sentira parfois plus grande, plus petite, qu’elle est réellement, ou alors aura la sensation que la salle dans laquelle elle se trouve, et les meubles présents, bougent et fluctuent de taille et de distance par rapport à la personne. Les épisodes varient selon le patient: certains durent quelques minutes, ou alors une demi heure.

Pas besoin de manger un gâteau ou boire d’une fiole douteuse comme Alice. Mais je ne saurais vous dire comment y parvenir : les causes de cette condition sont assez vagues pour l’instant. Mais une personne atteinte ressentira de nombreux effets diverses et variés. Le plus banal serait les migraines: il y aurait des hypothèses comme quoi le syndrome serait en réalité une “aura”, c’est à dire une indication sensorielle, prémonitoire, d’une migraine. Pour aggraver le mystère, ils éprouvent une variété de symptômes cauchemardesques, dont la distorsion de la taille, du temps, de la perception, et du son.

La distorsion de taille à un nom scientifique; la micropsia. Comme le gâteau “mange moi” ou la fiole “bois moi”, les objets de l’entourage ou le corps lui même paraît rapetissir. Ceci peut donc déclencher la distorsion de perception, où les objets paraissent s’éloigner (teleopsia) ou se rapprocher (pelopsia) alors que rien ne bouge. On observe ici aussi une perte de coordination des membres, les muscles ne répondent plus et agissent par leur propre accord, et cette altération du sens de la réalité peut modifier la façon dont la personne marche et bouge: le mouvement est plus difficile et besogneux.

La distorsion temporelle consiste à perdre le fil du temps qui passe: qui paraît plus rapide ou plus lent qu’avant. La distorsion du son, elle, peut rendre le glissement d’une feuille aussi intrusive et forte qu’un concert de KISS.

Mais les atteints du syndrome ne sont pas que des Alices mais des Blanche Neiges: les patients vivent parfois un phénomène appelé le Zoopsies. C’est une forme d’hallucination pendant laquelle on voit des nuages de petits animaux, tels que des souris ou des lapins, ou des petits groupes d’animaux plus gros tels que des loups ou des éléphants. Mais ils ne sont pas venus nous tresser les cheveux: c’est une véritable chasse.

Les symptômes sont très souvent associés aux effets de la prise de LSD, ou alors sont confondus avec la schizophrénie: les atteints sont souvent mal diagnostiqué et ne reçoivent pas les bon traitement. Cela résulte aussi du fait que les causes de ce syndrome restent un mystère, encore une fois : on ne sait pas comment le prévenir. Je vous invite à y réfléchir la prochaine fois que vous entendez parler du fameux personnage de Lewis Carrol: seriez-vous le prochain?

Pour savoir, suivez le lapin blanc.

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