Les Ouïgours, un peuple en danger

Les Ouïgours sont un peuple majoritairement musulmans sunnites, turcophones. Ils habitent en Chine et en Asie centrale dans une région appelée le Xinjiang. Ils représentent près de 50% du Xinjiang. Ils font partie des cinquante-six nationalités reconnues officiellement par la république populaire de Chine. Mais malgré cette reconnaissance ce peuple est en danger.

En effet, les autorités ont transformé cette région grande comme trois fois la France en un état policier. Cette répression dure depuis 2009 environ, avec une accentuation des répressions en 2010. Pékin veut mettre au pas cette région ayant récemment connu plusieurs soulèvements et où sa population souhaite dénoncer les discrimination dont ils disaient être les victimes. Sous couvert de l’extrémisme religieux les autorités ont voulu les « rééduquer » dans des camps. Cette répression n’est pas subit que par les ouïgours, elle est le fléau de toutes les minorités du Xinjiang : kazakhs, tatars, kirghizs. Cette situation est semblable à un génocide tout comme chez les Royingas en Birmanie ou encore durant le soulèvement au Tibet durant les J.O de Tokyo en 2008.

Dans certaines villes, des quartiers entiers sont vidés de leurs habitants et l’on peut voir accrochés aux portes des maisons et des boutiques des scellés, preuve que les familles ont été arrêtées. Pendant de longs mois l’état a nié l’existence de ces camps mais ils les ont enfin reconnu et leur ont donné un cadre légal. Dans un reportage local, ils montrent des hommes et des femmes apprenant le mandarin, recevant des cours de couture ou de menuiserie. Ils sont tous logés dans des bâtiments propres et semblent tous heureux d’être là, ils disent eux-mêmes avoir été sauvés par le gouvernement.

Malheureusement la réalité est bien loin. Ces camps de « déradicalisation » sont hyperprotégés et sont inatteignables par les journalistes, surtout étrangers. Les rares individus ayant tenté de s’en approcher se sont faits suivre, arrêter et ont eu l’interdiction de filmer quoi que ce soit d’autre. De plus les autorités nient une fois encore l’existence des camps.

D’après des journalistes chinois qui ont pu s’introduire lors de la construction de l’un des camps, les bâtiments seraient composés de plusieurs étages séparés en deux. Un côté composé de dortoirs plus représentatif de cellules de prisons avec des barreaux et des grillages aux fenêtres et un autre côté composé de plusieurs salles de classe avec des slogans partisans du régime communiste, écrits en gros sur les murs. Ces camps seraient composés de dizaines de bâtiments qui seraient fermés par des murs de cinq mètres de haut, couverts de barbelés et surveillés en permanence par des centaines de caméras. Il existerait une centaine de ces immenses complexes ou plus de 2 millions de ouïgours seraient enfermés. Ce serait près de 10 % des Ouïgours de Chine qui y seraient détenus. Certaines personnes ayant pu en sortir de ces camps dénoncent les conditions de vie insupportables. Les gens y subissent des lavages de cerveau, on les force à regarder des vidéos et à prêter allégeance au parti communiste. On leur fait régulièrement des piqûres d’une substance inconnue, celle-ci provoquant des hallucinations, l’arrêt les règles des femmes, les rendant insensible au froid ou à la faim. Certains disent que ces piqûres servent à contrôler leur esprit ou encore qu’elles servent à les faire ressembler à des « morceaux de viande ». Les proches de ces personnes enfermées ne savent quant à eux rien. Ils n’ont pas le droit de leur rendre visite, ils ne savent pas ce que leur famille fait là-bas ou même quand ils en sortiront.

Même si les rapports de chercheurs et d’ONG se multiplient et que le commissaire de l’ONU aux droits humains leur a consacré une partie de son premier discours en 2018, que plusieurs intellectuels chinois en Chine et à l’étranger ont lancé la première pétition en août 2018, les débats sur ce sujet ont été proscrits par Xi Jinping. Plusieurs décès ont déjà été répertoriés dans ces camps. Ces hommes et ces femmes enfermés pour avoir des photos de personnes priant sur leurs téléphones, pour avoir été en Turquie en voyage ou encore pour avoir porté un foulard dans la rue.

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